lunedì 14 aprile 2008

Les gérontes italiens s'accrochent au pouvoir

(Foto: Ciriaco De Mita, 80 ans se présente dans la circonscription d'Avellino, au cœur de l'Irpinie - Italie centrale, à l'est de Naples)

L'Italie, qui renouvelle lundi son Parlement et ses conseils municipaux et régionaux, est le pays du monde à la classe politique la plus âgée, après le Japon.
L'Italie vote dimanche et lundi pour élire le seizième Parlement de son histoire républicaine. Quelque 47 millions d'électeurs doivent choisir 630 députés et 315 sénateurs. La participation s'établissait dimanche à 47,03 % à 19 heures, quatre points de moins qu'en 2006. Environ un quart des votants restaient indécis à la veille du scrutin. Parallèlement 6 millions d'Italiens doivent renouveler les conseils de 423 communes, dont Rome et Palerme, de huit provinces et de deux régions, la Sicile et le Frioul. Les législatives se déroulent sur un tour.

Ciriaco De Mita représente à lui seul tout un pan de l'histoire de l'ex-Démocratie chrétienne, le parti qui a gouverné l'Italie pendant un demi-siècle. À 80 ans, écarté du Parti démocrate de Walter Veltroni pour raison d'âge trop élevé, il a choisi de se présenter au Sénat sur les listes de l'UDC, le parti centriste de Pierferdinando Casini, qui cherche à ouvrir une troisième voie entre droite et gauche. De Mita se présente dans la circonscription d'Avellino, au cœur de l'Irpinie (Italie centrale, à l'est de Naples) dévastée en 1980 par un séisme meurtrier.

«J'ai encore quelque chose à dire. L'enracinement, c'est s'identifier avec les problèmes d'une communauté. Ce n'est pas une question d'état civil», a proclamé De Mita tout au long de sa campagne. Il ne pardonne pas au chef du Parti démocrate de l'avoir écarté brutalement des listes, un soir de février dernier. Il n'a pas de mots assez forts contre lui. Il l'accuse d'avoir voulu «décapiter une classe dirigeante qui était en place, pour nouer des alliances de convenance mesquine (NDLR : avec la liste l'Italie des valeurs, de l'ex-juge Antonio Di Pietro) afin de gagner quelques points. Il n'a défini ni programme ni identité de parti».


«Syndrome d'Alzheimer»

La bipolarité, aux yeux de l'ancien premier ministre, ne répond pas aux vrais problèmes de l'Italie. C'est un cartel électoral sans lendemain. Ils sont nombreux, dans son fief de Nusco, un village de montagne de 4 400 habitants surnommé le «balcon de l'Irpinie», ainsi que dans toute la région, à être sensibles à ses propos. Son passé, son enracinement dans le territoire, son expérience politique militent en sa faveur. De Mita a siégé au Parlement pendant 45 ans au total. Plusieurs fois ministre, il a dirigé le gouvernement pendant 16 mois entre 1988 et 1989. Il a également été pendant trois ans secrétaire de l'ex-Démocratie chrétienne, dont il incarnait l'aile gauche, ouverte au dialogue avec les communistes.

Aussi a-t-il vécu comme une vexation sa mise à l'écart par Veltroni. D'autant qu'il est loin d'être un cas isolé, car la politique italienne est peuplée d'hommes d'expérience : Giorgio Napolitano, le chef de l'État, aura 83 ans en juin. Son prédécesseur, Carlo Azeglio Ciampi, en avait 86 à la fin de son mandat, il y a deux ans. Franco Marini, le président du Sénat, a 75 ans, le communiste Fausto Bertinotti, le président de la Chambre, 68. Et Silvio Berlusconi qui brigue le palais Chigi, le siège du chef du gouvernement, pour la troisième fois, a 71 ans. Il serait ainsi le seul chef d'État ou de gouvernement des Vingt-Sept à être né avant guerre.

PEZZO DI UN ARTICOLO TRATTO DA "LE FIGARO" 14/04/2008

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